Texte pour les enfants

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Bonjour à tous !

Je vous écris des montagnes de l’ himalaya dans une région d’ Inde qui s’appelle le Ladakh. Je visite des villages dans les montagnes et je rencontre les enfants dans les écoles.

Les enfants m’apprennent des chansons et moi je fabrique avec eux des fours qui marchent avec les rayons du soleil. On appelle ça des fours solaires. Ici il fait très très froid l’hiver mais il y a beaucoup de soleil. Alors on peut cuisiner avec la chaleur des rayons du soleil.

Nous fabriquons les fours solaires avec du carton et du papier d’aluminium. Ça ne coute pas cher et ça permet de ne pas couper les arbres. Comme ça on fait la cuisine dehors et il n’y a pas de fumée dans les maisons.

Ici c’est différent de chez nous. Il n’y a pas de chauffage ni de four électriques. On se chauffe au bois ou avec du combustible animal. Pour la lumière, on utilise des panneaux solaires car il n’y a pas d’ électricité. Dans les maisons il n’y a pas d’eau courante, alors pour boire, se laver et cuisiner on va chercher l’eau à la rivière.

Dans les écoles nous faisons des dessins et de la peinture. Les enfants aiment dessiner les fleurs, les montagnes, les monastères, les oiseaux, les yaks, les arbres, les arcs en ciels, les rivières et les poissons.

Dans la cour ils aiment jouer au football, au criquet et à la dinette.

Au Ladakh, on parle le ladakhi et les écoliers apprennent aussi l’ anglais.
Dans les montagnes il y a des lapins blancs, des loups et des léopards des neiges mais je n’en ai pas vus. Les bergers m’ont raconté que parfois les léopards mangent des chèvres ou des moutons. Une fois, j’ai aperçu des marmottes qui couraient entre les rochers près d’une rivière.

Autour des villages il y a des champs où l’on cultive le blé et l’orge. En ce moment on termine de faire sécher la paille pour donner à manger aux animaux l’ hiver et on remplit les sacs de grains. Toutes les familles ont des moulins à eau pour faire de la farine.

Dans les fermes il y a beaucoup d’animaux : des ânes, des chevaux, des yaks, des vaches, des dzos (mâle, vache et yak), des dzomos (femelle, vache et yak), des dimos (femelle yak), des chèvres et des moutons.

Dans les maisons pour se réchauffer, on boit du thé au beurre salé et on fait aussi du yaourt au lait de dimo, qui est très bon!

A la cantine dans les écoles on mange souvent du riz, des lentilles et des légumes cuisinés avec des épices. On fait aussi des galettes de blé et d’orge que l’on mange avec de la bonne confiture d’abricot.

Autour des maisons il y a des pommiers, des abricotiers et beaucoup de fleurs.
Dans les potagers, on fait pousser des choux, des pommes de terre, des tomates, des radis, de la salade et des petits pois… comme dans  le jardin de l’ école sur l’ile d’ Oléron!

Je vous embrasse tous  et vous dis à bientôt

Maïa

Fabrication d’un four solaire au village d’Ullay

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Je prends le chemin pour Ullay, qui monte pendant 2 à 3 heures le long de la rivière et par delà un col. Il n’y a pas d’ accès par route à ce hameau isolé de 5 maisons  situé à 4100 m d’altitude. Il y a néanmoins  une petite école avec 7 élèves et 2 enseignants qui alternent leur présence. Je suis chargée d’une trentaine de cahiers, de crayons et de feuilles. A l’ arrière de mon sac à dos j’ai fixé deux grands cartons que j’ai récupérés à Leh pour le four solaire.  Le paysage est magnifique, de jolies fleurs de montagne sur le chemin  et de fins ruisseaux qui serpentent dans la vallée. A mon arrivée j’apprends que l’ école est fermée car les professeurs sont absents.Je suis reçue dans la famille de Dolma et Norbu avec leur fils Stanzin. Heureusement le père et le fils parlent un peu anglais. Je leur fait part de mon idée de fabriquer un four solaire avec les enfants du village. Ils adhèrent rapidement à ma proposition et me donnent le champs libre… Près du corral où tournent les yaks, on installe un grand plastique où l’on s’assoit tous ensemble pour commencer la construction.L’endroit est magnifique avec une vue plongeante sur les glaciers et au premier plan deux ânes qui paissent tranquillement à coté des bébés yaks. Au rythme des sifflements et des chants des villageois, nous commençons par couper les cartons aux bonnes dimensions pour réaliser les panneaux. Je pars dans la cuisine avec stanzin pour faire la colle. Ensuite nous mesurons le papier et nous le collons sur les panneaux. Il ne me reste malheureusement plus assez de mon scotch super qualité de chez Mr bricolage…Cette-fois ci pour fixer les panneaux on utilise du fil de yak, ma fois très résistant! Séance couture… Le lendemain nous faisons chauffer de l’eau glacée de la rivière dans un petit récipient que nous avons auparavant peint en noir. Et miracle, au visage stupéfait des villageois, l’eau arrive presque à ébullition en moins d’une demi-heure!!! Je suis rassurée! notre-four-solaire.JPG petite-fleur-des-montagnes.JPG    ... plus de photos dans la galerie.              

Le temps des moissons

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J’arrive à Hemischupachen à la fin de la moisson au moment où le travail est de longue haleine car il faut vite l’achever avant la venue du froid. Les villageois cultivent le blé et surtout l’orge. Ils coupent l’orge à la main et la font sécher en carrés dans les champs ou en petits monticules. Des travailleurs cachemiris et népalais viennent aider les familles aux travaux des champs et logent dans des tentes à toile de parachute  installées dans le village. La paille  brille de tous ses éclats dans la lumière du soir lorsque je remonte de l’ école accompagnée par quelques enfants. En chemin, je croise l’ amchi du village, docteur en médecine tibétaine qui me montre au passage de bonnes baies pleines de vitamines et m’invite chez lui à une tasse de thé. Au hameau d’ Ullay, les villageois sont également bien occupés. Il y a encore quelques jours de travail pour rentrer la paille et remplir les sacs de grains. Je les ai observés faire et puis je me suis proposé pour les aider. Le village comprend 45 habitants qui vivent de la culture de l’orge et de l’ élevage. La famille qui me reçoit à 5 yaks, 6 dimo (femelle yak), 3 vaches, 8 moutons, 3 dzomo (femelle , croisement yak et vache), 4dzo (mâle), 2 ânes, 1 cheval, 5 chats et un chien. Pas de poules… mais une grande famille quand même!  Dans l’espace limité du corail on a amené  l’orge coupée. Tout autour, les femmes sifflent pour appeler et encourager le vent tout en lançant les épis en l’air afin d’en faire tomber les grains. Lorsque le vent s’ arrête, on s’ arrête aussi en attendant que la brise revienne pour se remettre à siffler doucement. Parfois sur une couverture on fait une petite pause en mangeant des pommes et en buvant du thé. Il y a trois thermos avec des thés différents, soit au lait sucré, soit salé ou au beurre…au choix!  T T Namgyial me rejoint pour le déjeuner. Il est allé chercher dans les hauteurs du village sa dzomo et deux petits dzo qui s’ étaient égarés dans les montagnes. Il n’a retrouvé qu’un des petits. Nous pique-niquons ensemble près d’un ruisseau à l’ombre des saules. De bonnes galettes fines, appelées chapati que l’on roule avec des légumes aux épices. Avant le travail de séparation du grain et de la paille, les villageois amènent dans le corral des yaks attachés entre eux et l’homme fait le tour avec eux en chantant . C’est pour écraser les épis et faciliter le travail suivant. Impressionnant tout ce labour musical plein d’entrain. C’est beau, ils chantent par plaisir…

  lappel-du-vent.JPG les-yaks-dans-le-coral.JPG plus de photos dans la galerie.

Construction d’un four solaire à l’école d’Hemischupachen

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Au village des genévriers, je séjourne chez TT Namgyial, l’ancien instituteur qui me reçoit dans sa jolie maison d’ hôte. La petite école se situe en contrebas du village près de la rivière et d’un petit pont de pierre.Les deux professeurs m’ accueillent chaleureusement et sont intéressés par ma proposition de réaliser un four solaire avec les enfants. L’ école comprend 12 élèves âgés de 3 à 13 ans. La première journée, je prends un groupe d’enfants pour dessiner pendant que l’instituteur vérifie et corrige les cahiers d’ écriture. Le lendemain, nous commençons la réalisation d’un four solaire à panneaux avec les cartons que j’ai rapportés de Leh. Je présente aux écoliers ce que je viens faire avec eux en leur expliquant le principe du fonctionnement du four solaire et les bienfaits de l’ énergie solaire.  Sonam Punchok, l’enseignant leur traduit en anglais.  Nous passons la journée à mesurer, couper, coller, scotcher, ajuster et peindre. Le matériel utilisé est du carton de recup pour réaliser les panneaux, du scotch, de l’aluminium pour la réflexion des rayons solaires, de la peinture noire pour le récipient de cuisson et un sac plastique pour obtenir un effet de serre.  Nous fabriquons la colle avec de la farine d’orge ,de l’eau et du sucre en faisant chauffer le tout pour obtenir une pâte épaisse. Punchok, l’enseignant écrit l’alphabet au mur avec le reste de peinture. Les enfants participent activement, s’entraident et nous passons un moment intense et agréable à fabriquer le four solaire. Une journée pas comme les autres ! le-four-solaire-acheve.JPG photo-de-classe.JPGplus de photos dans la galerie.

Petite enfance chez les nomades

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A la demande de Joane je vous fais un petit paragraphe sur ce que l’on m’a rapporté et ce que j’ai observé chez les bébés.

On porte les bébés en les enroulant dans une couverture nouée sur le dos et pour dormir, ils sont emmaillotés dans une épaisse peau de mouton. Ils s’endorment à côté des mamans qui les allaitent sur des tapis tibétains posés au sol de terre battue. Plus tard, les garçons dormiront avec le père et les filles avec leur mère,car des leur plus jeune âge, ils apprennent séparément les différentes taches de la femme et de l’homme.

Les bébés n’ont pas de couches…Les plus grands ont un trou dans le pantalon et sont appelés ‘’les culs fendus’’.Économie de lessive…

On masse régulièrement le corps et la tête du bébé avec de l’huile d’abricot ou de moutarde.Parce que cela renforce les os et rend la tête plus résistante.

Karma et Dolma ont un petit garçon Tenzing de 14 mois.C’est le Dalai Lama qui donne le nom aux nouveaux nés . Karma me fait part de ses réflexions sur la petite enfance. C’est bien me dit il de parler doucement et paisiblement au bébé dès qu’il est dans le ventre de la maman. L’esprit de la mère étant directement connecté à celui du petit, s’il est en harmonie et en paix , l’enfant pourra d’autant mieux développer son être et son intelligence.

C’est vrai que l’on n’entend jamais crier contre un enfant.D’après ce que me dit Dolma on les laisse découvrir  par eux mêmes en acceptant leurs tâtonnements avec tolérance et patience.

Karma, au regard bienveillant, souligne avec de très belles paroles le rôle du père, présent et aimant qui accompagne et  rassure , contribuant à l’harmonie et à l’ équilibre de la mère et du nouvel être qui se prépare.

Dans les paroles des tibétains on entend ce souffle constant,  un souci de paix  et une spiritualité vivante orientée simplement vers l’amour des autres.

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Autour de l’énergie solaire

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Aux centres écologiques de Leh et à l’alliance des femmes, je rencontre plusieurs personnes qui travaillent pour l’environnement dans différents domaines tels que le recyclage, l’ énergie solaire et l’agriculture.

Ces deux associations m’aiguillent pour trouver des matériaux qui me manquent et m’encouragent dans mon projet de four solaire. Suivant  deux avis de personnes concernées par l’enseignement et l’environnement, j’ai l’intention de fabriquer un four solaire avec les enfants de l’ école du petit village de Ulleh, situé en altitude et accessible par chemin seulement.

Accompagnée par T.Tashi , spécialiste des énergies renouvelables dans la région, je visite le grand centre écologique situé sur les hauteurs de Leh. Il me montre les fours solaires type boite, les plaques solaires à distiller l’eau, un système de réchauffement de l’eau, des paraboles à cuire, le cuiseur parabolique pour la communauté, le jardin solaire, les séchoirs et les panneaux solaires pour l’ électricité.Je suis enchantée de découvrir tous ces systèmes solaires.

Au Ladakh, les coupures d’ électricité sont courantes  et l’hiver il n’y a d ’électricité que le soir. Beaucoup de régions comme le Changtang sont seulement pourvus de panneaux solaires.

Mr tashi prend également le temps de m’expliquer les principes de la construction solaire du bâtiment principal et ses dimensions…Les murs de la large face sud sont peints en noirs derrière les vitres. Dans les murs, une épaisse isolation de paille permet de garder  la chaleur. Par -30 degrés, température courante en plein hiver, l’eau est chaude grâce au système, et l’ intérieur du bâtiment monte à 10 degrés sans autre chauffage!

les-panneaux-solaires.JPG  le-cuiseur-communautaire.JPG ... plus de photos dans la galerie.

Le festival de Leh

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Les quinze premiers jours de septembre se déroule à Leh un grand festival où sont représentées les différentes ethnies du Ladakh. Des processions ont régulièrement lieu  dans la ville avec des défilés entrecoupés de sessions de danses,  de chants et de musiques.

Sur les costumes, les pierres de turquoise et de corail ornent les parures, la  richesse des étoffes éblouit , les couleurs qui se bousculent gaiement dans la danse…Une ethnie de la vallée de la Nubra dans  l’est du Ladakh me rappelle l’allure fière et farouche des touaregs…

Au monastère de Spituk j’assiste en compagnie de Dolma aux danses rituelles appelées Chams.Les danseurs sont des lamas.Ils portent des masques effrayants et sont parés de robes multicolores. Ces masques aux yeux exorbités et aux crocs acérés représentent des visages de dieux et de déesses.

Selon les bouddhistes, il est préférable d’apercevoir les divinités en ce monde pour ne pas mourir de peur au moment du passage à l’autre vie…Ces danses sont aussi une forme de prière pour la paix, la compassion et la longue vie.

le-reine-des-sables-de-la-nubra.JPG coiffe-des-dah-hanu.JPG ... plus de photos dans la galerie.

A l’école tibetaine au village de Puga Sumdo

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Le lendemain je croise un couple de touristes et leur guide qui me prennent gentiment dans leur jeep. Ils me déposent au village de Puga Sumdo où je veux visiter l’école qui accueille les enfants des nomades tibétains de la région.

Connaissant un peu la philosophie des tibétains je suis confiante sur mon arrivée impromptue. Effectivement, on me reçoit avec le sourire et je peux m’installer pour quelques jours dans une chambre au sein de l’école. Je suis directement invitée dans la classe maternelle ou je passe la première matinée en compagnie des enfants et de Sonam l’institutrice. La  plus jeune enseignante, Tashi Dolma m’invite à partager avec elle les repas dans sa chambre, ce que j’accepte avec plaisir!

Toute la journée on me sert du thé salé au beurre de yak… hum ça fait un peu comme de la soupe, j’aime bien! On mange des tikmo, boule de pâte gonflée cuite à la vapeur et que l’on mange avec le thé, de la bouillie de farine d’orge avec des bouts de fromage dur et des grumeaux…du riz au curry avec de la viande de yak bien coriace…Ça vous donne pas envie tout ça ? J’avoue que les huitres, le poisson, le fromage et de bons légumes d’été, ça me manque un peu….

Sonam et Dolma ont toute deux une famille à Leh et sont envoyées ici pour trois années d’enseignement. Avec tous les enfants elles forment une grande famille. Ils dorment tous à l’école car leurs parents sont occupés avec leurs troupeaux de chèvres et de yaks dans les montagnes.  

Elles me permettent de prendre des photos, de filmer et d’enregistrer des chansons pendant la classe. Je leur suis bien reconnaissante. Petit à petit les enfants s’habituent à moi. Ils m’apprennent quelques chansons et moi aussi, quel souvenir…

Dans la nuit froide et silencieuse, les silhouettes imposantes des montagnes veillent sur le village.

Le ciel est si clair, si pur qu’un  lac infini d’ étoiles inonde la voie lactée et illumine la nuit. C’est beau.

Un matin, j’ aperçois une fine couche de neige  sur le haut des montagnes.

 L’ école est fermée de mi novembre à fin février, les routes sont bloquées par la neige et début mars les nomades amènent leurs enfants à cheval et doivent couper des blocs de glace pour passer me raconte Dolma.

Pendant que les enfants font une leçon de science sur l’eau, Dolma lit un livre du Dalai Lama.Voici quelques paroles bouddhistes que j’entends régulièrement ‘

Aide les autres si  tu peux et si tu ne peux pas, ne leur fais pas de mal

Aide les autres et n’attends rien en échange

Si quelqu’un te fais du mal c’est que tu lui en à fais dans une vie antérieure, sois tolérant.

Le dernier jour, les enfants et enseignants prient toute la matinée selon la demande du Dalai lama pour les morts tibétains et chinois, lors du soulèvement à Lhassa et du tremblement de terre dans le Sichuan. Nous récitons le mantra Om Mani Padme Hum( le joyau dans la fleur de Lotus) pendant 1H 30 non stop assis en rond  autour de Dolma qui fait tourner les perles du collier à prière…

Pour la toilette, cela se passe au ruisseau, il y a des sources d’eau chaude dans toute la vallée et l’eau tiède du courant est bien agréable.Autour des cours d’eau, des plaques de sel et des petits geysers, ça sent le soufre…Avant, on échangeait le sel contre d’autres produits mais plus maintenant, le sel ne vaut plus rien me rapporte un jeune soldat du village.Les toilettes, c’est une cabane avec un trou au milieu et pas toujours de la terre pour mettre par dessus, et jamais d’eau courante dans les montagnes mais des bacs remplis d’eau glacée. Pour boire je vais remplir ma bouteille aux sources villages et j’y mets une pastille par précaution.

Le soir, Dolma m’ emmène faire un tour chez les villageois. Les intérieurs sont extrêmement sombres, toute la famille boit le thé au centre de la pièce. Les jeunes mamans allaitent, les mamitas font tourner leurs moulins a prières, les hommes discutent, le papi somnole sous son chapeau et la mère nous sert un bol de yaourt de chèvre pashmina, Je crois que c’est le meilleur que je n’ai jamais goûté, un goût très fin et d’une grande douceur…

Après ces bons moments partagés, je décide de rentrer à Leh avec Sonam, Dolma et un homme du village. Je ne peux aller seule et sans tente par les montagnes pour rejoindre Leh, les campements de nomades ne sont pas fixes et il y a très peu de jeep qui passent sur la route.

Avec notre petite voiture blanche Maruty locale nous passons sans nous faire arrêter par les postes de contrôle et par précaution je me dissimule au bon moment sous mon châle indien…. Le premier septembre commence le festival de Leh pendant quinze jours et je vais y retrouver mes nouvelles amies.

  un-peu-dherbe.JPG au-bord-de-la-riviere.JPG .. plus de photos dans la galerie.

Dans la region nomade autour du lac Tso Moriri

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Munie de cinq photocopies de permis pour entrer dans cette ‘’restricted area’’ et grâce à des contacts à Leh, je profite du trajet d’un minibus qui part chercher un groupe de trekkeurs au lac. La route longe la frontière chinoise et je n’imaginais pas autant de postes de contrôle et de bases militaires.

Au premier check point, ça commence bien! la police refuse mon permis et me montre la note officielle comme quoi les voyageurs individuels sont strictement interdits… L’ agence avait inscrit d’autres noms sur ma demande de permis  mais je suis seule dans le bus! Les deux conducteurs me disent qu’il faut retourner à Leh, on ne passe pas. Une demi heure de discussions, et toujours rien,  alors je vais leur expliquer ma situation.

Étant très malade je n’ai pas pu faire le trek et mon mari m’attends au lac, je dois l’y retrouver absolument… discussions…. j’allais rajouter qu’il a des contacts avec la diplomatie indienne quand  un  des conducteurs me fait signe de remonter vite dans le bus et nous partons sous le regard morne et furieux de cette bande de policiers…Je suis soulagée mais un peu soucieuse pour la suite et le retour….Selon mes conducteurs c’ était le poste le plus dur à passer, ça me rassure!

 Après une pause déjeuner dans un résto local au bord de la route, nous arrivons au village de Korzok au coucher du soleil . La lumière du soir sur le lac est magnifique, au loin on aperçoit  les glaciers.La fraicheur ne tarde pas à venir et je trouve une petite chambre dans le village qui donne sur le lac.

La région plus pauvre qu’ailleurs, peu touristique et le climat extrêmement rude de l’hiver font peut être que l’ accueil me semble moins chaleureux, les visages plus fermés…

Le lendemain je me lève à 6h pour aller voir les oiseaux aux abords du lac et profiter des belles lueurs matinales. Il y a des oiseaux qui ressemblent à de fines oies blanches et des petits aux ailes orangées, j’ aperçois aussi deux spécimens couleur marron qui se dirigent vers moi, on aurait dit des chasseurs mais ce sont des policiers indiens… Chouette! Quelques questions et de nouveau je raconte une petite histoire, ils ne me demandent pas mon passeport mais autre chose alors là j’essaye de rester zen,  refuse et retourne rapidement au village, en me promettant de ne plus me promener seule ici .

Je passe néanmoins une belle journée à cheval, j’en loue deux, un pour moi et un pour un jeune adolescent du village qui m’accompagne sur le chemin qui longe le lac. Nous passons une journée à cheval très agréable. Mon guide est très gentil et parle un tout petit peu anglais. La lumière est aveuglante et les montagnes autour contrastent  avec le bleu étincelant du lac. On entend les remous de l’eau lorsqu’on s’approche, ça me rappelle l’ océan . L’eau est extrêmement claire. C’est étrange il parait qu’il n’y a pas de poisson…

En fin d’ après midi je vais voir les campements de nomades  en remontant la rivière derrière le village. Je croise  des troupeaux de chèvres, des chevaux qui paissent prés des cours d’eau et finis par arriver sur plusieurs campements espacés. Les tentes sont regroupées par deux ou trois, en toile marron de laine et de poil de yak, assez basses et spacieuses à l’intérieur. Une jeune femme m’invite à entrer boire le thé toujours salé…quelques échanges en ladakhi très restreints… Mais les photos d’ Oleron que je leur montre font leur effet!  Je lui signale avec des gestes que j’ai croisé en chemin une jeune vache morte depuis peu et j’apprends par la suite que les chèvres et les vaches se font effectivement attaquer par des chiens ou des léopards…

Je remercie pour le thé et la soupe et retourne tranquillement au village, heureuse et en même temps fatiguée de cette longue journée…

Randonnée dans la region du Sham

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Au départ du village de Likir je passe devant le Gompa (monastère), au pied duquel se dresse un gigantesque Bouddha, le visage tourne vers le ciel. Je suis invitée à m’asseoir sur les épais tapis tibétains pour assister à la puja matinale (cérémonie).

La pièce est ornée de thankas multicolores, les murs sont peints de fresques éclatantes et les moines en tailleur vêtus d’une ample étoffe rouge récitent des prières. Les plus âgés portent un tissus orange noué par dessus. Les jeunes moines sont assis de l’autre côté et au centre les moines musiciens ont devant eux des instruments de musique: deux larges tambours suspendus du plafond, des cloches, des cymbales et des trompes.

Le lama du gompa domine l’assemblée et orchestre les moments de prières, les sessions musicales et la pause thé petites galettes. Je ne tarde pas à me sentir très relaxée dans cette atmosphère méditative aux sons répétitifs et je remarque que les moines baillent autant que moi….

Après cette pause spirituelle, je reprends le chemin qui longe un petit ruisseau bordé de baies orangées dont ils font un très bon jus et de fleurs qui me rappellent la lavande.

Nichés aux creux de vallées, de petits oasis de verdures contrastent avec les montagnes ocres, nues et rocailleuses. Peu de faune à part de petits lézards au ventre orange qui se faufilent sous les pierres à mon passage.

Dans les champs les habitants coupent l’herbe et on aperçoit leurs silhouettes courbées sous de lourds paniers en osier. L’ herbe sèche sur le toit des maisons pour nourrir les bêtes l’hiver.

De magnifiques champs d’orge entourent les villages. Les maisons, façonnées de brique de terre sont situées le long des torrents qui descendent des glaciers et irriguent les champs disposés en terrasses.

Au bord des cours d’eau qui serpentent à travers le village s’allongent des peupliers et aussi des saules ronds et touffus. Je trouve très agréable de faire la sieste à l’ombre des arbres, à écouter le bruissement du feuillage dans le ruisseau qui fredonne doucement

En chemin, quelques égarements car il n’y a pas d’indication sur les chemins et ma carte est peu détaillée. Heureusement je croise des écoliers qui me remettent sur le bon chemin et m’invitent à les suivre jusqu’au village, ils gambadent comme des lapins, dur dur de les suivre…Deux heures aller pour se rendre à l’école chaque jours!

Dans le second village à Hemis Shukpachen, je croise Namgyial et son dzo, mâle de père yak et de mère vache. Cet ancien instituteur souriant, très instruit sur le monde et d’une belle sagesse m’invite à rester dans sa maison d’hôte et m’emmène à travers le village et aux alentours. Je découvre les moulins à eau et à prières que possèdent chaque famille pour fabriquer la farine d’orge, base de l’alimentation.

Nous passons à côté des champs d’orge et de moutarde pour arriver dans une féerique forêt de genévriers. Le plus vieil arbre de la forêt à 2500 ans, c’est ama chukpa( maman genévrier). Namgyial me raconte : lorsque les habitants s’en vont du village, ils viennent faire une offrande et se blottissent dans son énorme creux pour bien revenir à la maison, c’est l’arbre du voyageur alors moi aussi je l’ entoure de mes bras…

Namgyial m’explique que le village vit en presque autonomie. Le bétail sert pour le transport, pour la culture, il fournit le lait pour le beurre et le yaourt; avec les poils, la laine et les intestins on confectionne des habits, cordes et sacs et les excréments servent de combustible… Des abricots qui sèchent sur les toits, on extrait de l’huile pour les lampes et pour remplir les 7 bols dans le temple devant Bouddha, ce qui reste de l’extraction sert de médicament et la coque est un combustible qui brule longtemps…

Je vais certainement retourner dans ce village car le vieil homme m’indique un hameau en altitude ou une petite école aurait besoin de matériel et aussi d’être équipée d’un four solaire.

D’Hemis Shukpachen jusqu’au prochain village, les paysages sont impressionnants, des teintes de montagnes passant de l’ ocre au saumon, rouge, vert, pourpre…C’est magnifique toute cette richesse minerale et je comprend maintenant la beauté des couleurs des peintures sur bois et des habits, ce sont les pigments issus des pierres.

Le soir dans les maisons, les hôtes offrent souvent du thé à la menthe qui pousse dans le jardin, du thé au lait sucre ou thé au beurre salé. Pour le repas, on sert du riz blanc accompagné de lentilles cuisinées aux épices et des légumes, épinards, choux, carottes et même aubergines. Namgyial m’ a fait goûter la tsampa, farine d’orge grillée que l’on trempe dans le thé, et au chang un alcool doux à base d’orge fermenté. Le matin on mange de petites galettes d’orge chaude avec du beurre et de la confiture d’abricot….pas mal du tout!

Je retourne à Leh ou je suis attendue à l’école de stok. Lorsque j’arrive la porte est cadenassée, je décide de lire près de la rivière juste à côté. Trois enfants déboulent et m’invitent à les rejoindre à un pique-nique. Je passe une très belle journée dans un campement sur les hauteurs en compagnie des maîtresses et des enfants à discuter, manger, boire du thé et danser…

Je me rends prochainement au village de Korzok a 4500m d’altitude au pied du lac Tso Moriri, région de nomades et de villages de réfugiés tibétains. J’ai un permis spécial de 7 jours et si je reste plus longtemps je passerais par les cols pour rejoindre Leh. On m’ a dit qu’il est possible aussi de louer un cheval pour passer plus facilement les cols…

La mer me manque et j’ai envie de voir du bleu….Oui et les paysages de cette région sont parait-il magnifiques, proches du plateau tibétain du Changtang. Je voudrais rencontrer les deux écoles de la région, une pour les enfants des nomades et l’autre tibétaine.Je dois me préparer au froid car les routes et sentiers sont entre 4000 et 5600 m et j’emmène quand même un maillot au cas ou …il y aurait des sources d’eau chaude!

cuisine-chez-namgyial.JPG paysage-mineral.JPG  …plus de photos dans la galerie.

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